Une politique de rupture pour la ville de demain

Conseil municipale du 31 mai 2018 / Ville à 30 – PDU

M. le Maire, chers Collègues,

Avant de cibler plus précisément quelques points de la délibération précédente et de celle-ci sur le PDU, permettez-nous de rappeler notre point de vue généraliste.

Le contexte d’aujourd’hui comporte des incontournables :

  • Le dérèglement climatique est en marche, et d’aucuns pensent qu’il est déjà trop tard pour l’arrêter,
  • la perte de biodiversité n’est plus une fiction, tant les indicateurs le prouvant sont nombreux et partagés,
  • notre territoire communal, comme celui de la métropole, n’est pas extensible, et si nous pouvons empiler les logements, il est plus difficile de créer de nouvelles artères de circulation.

Aux vues de ces grands enjeux, nous avons deux choix : soit avoir une politique d’accompagnement d’une évolution qui nous dépasse et que nous subissons, soit avoir une politique de rupture, ou de résilience.

L’augmentation de la population qu’on nous prédit pour 2030, va s’accompagner de celle des voitures dans les rues qu’on annonce à 110 000 de plus chaque jour ! Or, dans les pratiques actuelles 25 % des déplacements quotidiens se font en voiture malgré le fait qu’ils font moins de 3 km.

Vivre dans la ville de demain, c’est obligatoirement restreindre la voiture en ville, et la restreindre de façon drastique. Le PDU élaboré par Nantes Métropole est sur la bonne voie, mais n’est selon nous pas assez ambitieux ni incisif. Nous avons besoin d’un vrai électrochoc, d’une vraie révolution des comportements, et elle ne peut se produire uniquement par des mesures incitatives. Nous sommes frustrés que ce plan ne soit pas plus coercitif, plus contraignant, afin d’obliger les changements de pratiques. Car le temps nous est compté.

Diminuer le nombre de voitures, c’est viser 3 objectifs : fluidifier la circulation et abaisser le temps passé en déplacements, véritable gabegie collective, soulager les espaces publics attribués aujourd’hui au stationnement pour les rendre plus qualitatifs et contribuer à une meilleure qualité de vie urbaine, enfin, c’est diminuer les sources de pollution de l’air et de réchauffement climatique.

Pour faire le lien avec la délibération précédente sur la Ville à 30, nous saluons la prise en compte par la Ville des préconisations de la conférence citoyenne. Nous pensons par contre que la nouvelle physionomie de la ville doit s’accompagner d’une signalétique très claire, extrêmement lisible, incontournable, afin que les bonnes pratiques soient immédiates. Nous pensons aussi que la mise en œuvre doit se faire dans un temps très raccourci, afin qu’il y ait un véritable changement de mentalités. Enfin, nous soutenons l’initiative de restreindre la circulation sur la route de Pornic, afin de mieux inciter les personnes en transit à covoiturer. La réussite de cette transformation favorisera d’autant le report modal pour certains et certaines habitantes.

En ce qui concerne le PDU, nous nous opposons à un nouveau franchissement de la Loire pour les voitures. Nous devons absolument privilégier la faveur pour les mobilités actives, que ce soit une passerelle, une augmentation de la fréquence ou la multiplication des lignes de navibus.

Nous devons aussi absolument permettre de charger les vélos dans les bus ou tram. La question des heures de pointe sera gérée par les citoyens eux-mêmes, à l’instar de nombre de pays européens : nous ne sommes pas plus bêtes ici !

Enfin, un mot sur la question des véhicules électriques : s’ils résolvent la question de la qualité de l’air, ils prennent autant de place que les autres, et en circulation, et à l’arrêt. Par ailleurs, et ce n’est pas le moindre, rappelons que l’électricité à disposition est en majeure partie d’origine nucléaire, avec un minerai extrait par des travailleurs africains dans des conditions déplorables : ils paient la meilleure santé de nos riverains très cher, et ce n’est pas acceptable pour les humanistes que nous sommes.

Je vous remercie de votre attention.

  • Suite au retrait de ses délégations à Eric Buquen, Didier sera chargé de suivre la partie rezéenne du nouveau Plan de Déplacements Urbains qui sera voté à la fin de l’année à Nantes Métropole. Il a d’ailleurs présenté la délibération au Conseil municipal du 31 mai, ainsi que la position de la Ville.
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