Quartier Château : 40 ans après, où en est-on ?

Intervention au Conseil Municipal du 21 décembre 2017.

Délibération 2. Priorité Quartier Château.

40 ans  plus tard, le bilan PV est mitigé.

20 ans plus tard la mixité sociale a du plomb dans l’aile.

Proportionnellement la situation : le quartier du Château se balade entre Charybde et Scylla en termes de manifestation cinglante de la paupérisation.

Point n’est besoin d’évoquer la guirlande de chômage, monoparentalité choisie ? Subie ?  Feinte ?

Dès potron-minet femmes et hommes se rendant sur leurs lieux de travail.
Familles éclatées : enfants, ados, se divertissant dans le fabuleux  parc d’attractions  gratuit de la place François Mitterrand jusqu’à des heures tardives. Au crépuscule commencent jet et récupération de boulettes dans les buissons bordant l’arrière de la pharmacie, brasserie, boulangerie, boucherie.

La nuit bien installée, des jeunes femmes retiennent leur souffle, les yeux rivés sur leur smartphone, hâtent le pas à la traversée de ladite place.

Quadras, quinquas, sextas, septuas, flirtant avec la solitude, l’alcool et l’ennui. Pas envie de sortir ! Pour quoi faire d’ailleurs ?
Vie parfois vide de sens avec pour horizon la froideur du béton auréolé de quelques  bouquets de feuilles vertes. Souvent des incivilités, des barbecues de véhicules à 2, 4 roues, taux de mortalité des -65ans en harmonie d’ailleurs avec les conditions et modes de vie…
Et puis sans les outils de la langue de Molière, comment accéder au vital en citoyen autonome, comment appréhender une culture dans sa globalité en s’extirpant des présupposés inhérents à une histoire commune mal digérée, des intérêts géopolitiques  vivaces et agissants.

Force est de constater qu’il est peu aisé d’agir à l’échelle municipale sur ces deux points.

Oui, avec ardeur, des méthodes  sont mises en œuvre afin de rencontrer les habitants, évoquer leurs colères, leurs besoins, leurs attentes, les inviter à s’exprimer, les inciter à se rassembler, à porter une parole collective dans le but de mettre en mouvement des actes, des actions qui tardent souvent, parfois… Oui des outils tels que l’amélioration du cadre de vie, la démocratie locale, le vivre ensemble… sur un même territoire : Gigantesque laboratoire social ?

Partenaires, habitants, commerçants ne comptent pas leurs heures pour créer, développer maintenir des activités, des projets, bref la vie… Il suffit de constater que les efforts sont auréolés de victoires modestes, mais belles : pour exemple, l’implication des adultes dans les animations hors les murs.

Cependant des questions têtues surgissent : de quels leviers disposons-nous lorsque nos institutions et modèles scolaires, culturels, économiques contribuent quelque peu à la résistance de la catégorisation et reproduction sociales ?

Combien de temps faudra-t’il pour générer des résultats tangibles ? En prenant en compte gestion, rationalisation, optimisation des moyens, pointe avec acuité le déficit en ressources humaines pour gérer, réguler, élever, des plans de vie, évoluer… personnellement et collectivement dans un bien être légitime : questions éminemment… humaines.

Écoute, empathie et autorité sont encore l’apanage de l’être humain ? Non?

Il est de notre responsabilité en tant qu’élus dans la gestion des affaires de la cité de faciliter la pérennisation de politiques publiques  efficaces… euh  efficientes, d’affirmer la présence humaine de la Ville dans ce quartier  ainsi permettre à nos concitoyens d’imaginer , de construire, de s’épanouir et surtout d’espérer en un avenir porteur à l’échelle du quartier du Château, de la Ville, de la Métropole et plus loin encore .

 

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