Plan de gêne sonore : pour un trafic aérien maîtrisé

Conseil municipal du 20 décembre 2018

Intervention sur l’Avis sur le Plan de Gêne Sonore

La délibération présente deux parties :

l’avis de la commune, et là nous sommes en accord avec le fait de ne pas avaliser le PGS qui nous est soumis, et une liste de demande que nous partageons dans sa grande majorité mais laquelle nous modulons notre avis avec par les considérations suivantes :

  • En fait, nous ne refusons le PGS (Plan de gêne sonore) présenté, mais nous demandons une évolution de la loi qui encadre le PGS. Le PGS calculé par la DGAC ne fait qu’appliquer les règles en vigueur. Mais nous voyons bien que ces règles répondent à une logique qui date, et qui n’est absolument plus en adéquation avec les réalités d’aujourd’hui, en particulier par rapport aux exigences des riverains qui sont en hausse. Le préambule à la délibération le mentionnait bien, et nous l’avons sûrement tous expérimenté directement : les quartiers de la Houssais et de Ragon subissent des nuisances sonores, nouvelles, et qui dues au régime des vents qui a changé. Pourtant ces espaces ne sont pas pris en compte par le PGS et n’apparaissent pas sur la carte. Alors puisque cette révision de la loi n’est pas pour demain, nous abondons à la demande d’un fonds de compensation spécifique qui pourra aider les ménages non considérés aujourd’hui par le PGS aux travaux pour une meilleure isolation, avec un montant qui soit à la hauteur des enjeux du territoire.
  • Comme c’est indiqué dans la délibération le trafic aérien sur ce territoire très habité doit être maîtrisé. Nous ne pouvons laisser se développer sans limite les mouvements d’avion, comme nous ne laisserions pas se construire une usine AZF à deux pas des premières maisons. Cette maîtrise du trafic, outre la mise en réseau des aérodromes de l’ouest que les écologistes demandent depuis 20 ans – je me rappelle que c’était déjà un de nos arguments quand nous nous opposions à la création de l’aérodrome d’Angers-Marcé – doit questionner la question des transports alternatifs à l’avion. Il n’est pas normal d’en avoir autant qui décollent de Nantes pour rallier Bordeaux ou Paris qui ne sont qu’à quelques centaines de kilomètres de voie ferrée. Nos collectivités doivent faire pression sur l’Etat pour que l’argent soit investi dans le train plutôt que l’avion. Ensuite, rappelons que l’augmentation du trafic est aussi liée au fait que le kérozène n’est pas taxé, ce qui constitue un véritable scandale ! Rejoindre une capitale européenne pour moins cher en avion que Paris en train, ce n’est pas de la démocratisation de la mobilité : c’est d’abord du dumping social, ensuite un enrichissement éhonté des compagnies, enfin une atteinte à pas cher à l’intégrité de la planète. Fixer un plafond maximum de passagers à Nantes Atlantique n’est pas incongru : nous le demandons donc, autour d’un chiffre à peine supérieur à aujourd’hui.

Enfin, comme nous l’avons toujours fait parce que quoi qu’en disent nos détracteurs, nous avons toujours été cohérents sur le sujet, nous réitérons notre demande d’interdiction des vols de nuit. A ce stade, je me permets de vous lire l’extrait d’une intervention d’un collègue : « Une nuisance peu tolérable se développe, celle des vols de nuit. Sur ce point, nous nous félicitons d’une prise de conscience collective quand nous lisons les propos de maires du Sud-Loire, déclarant, je cite “ les 500 000 habitants de l’agglomération sont régulièrement réveillés… ”. C’est peut-être un peu exagéré sur le nombre… mais je crois que nous serons effectivement tous d’accord pour estimer que les vols de nuit sont un problème. Il serait donc souhaitable que la Communauté Urbaine se prononce clairement sur leur interdiction… cela pourrait être l’occasion d’un voeu très consensuel. C’était Ronan Dantec, le 14 février 2003,  au Conseil Communautaire.

Dernièrement, les villes de Bouguenais et Saint Aignan de Grandlieu se sont prononcées à l’unanimité pour cette interdiction.
Il nous faut absolument renforcer cette dynamique de territoire pour obtenir une meilleure considération de la santé des riverains, toutes communes confondues. Et surtout, il faut déconnecter cette interdiction de toute considération économique.
La Présidente de Nantes Métropole lie les deux choses, je n’ai encore pas lu la moindre ligne d’études qui prouvait cette corrélation.

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