Migrants : pour un accueil inconditionnel

Conseil municipal du 20 décembre 2018

Intervention sur le Plan d’action migrants

Nous sommes bien entendu favorables à ce plan d’action permettant l’accueil et l’accompagnement d’une vingtaine de jeunes migrants dans des conditions dignes. Nous en profitons pour rappeler que nous ne souhaitons pas faire de différence entre les types de migrations. Qu’ils soient économiques, climatiques, politiques, environnementaux, déplacés ou simplement fuyant la guerre, ils se retrouvent tous dans le même contexte, celui de la survie.

Il s’agit donc bien d’une inconditionnalité de l’accueil en termes de cause : une misère à laquelle nous contribuons hélas énormément et insidieusement chaque jour en entretenant notre système de consommation ultralibéral et climaticide, avec,  fréquemment en arrière plan, des relations géostratégiques mortifères. En revanche, l’inconditionnalité de l’accueil ne doit pas uniquement se réduire à un accès à des droits, mais aussi à des devoirs, ceux de la république Française, et c’est en cela que l’accompagnement par les associations est indispensable. Nous tenons aussi à souligner l’approche systémique nécessaire que nous pouvons porter à notre échelle municipale : lutter contre le réchauffement climatique ici en développant les pratiques alternatives et les énergies renouvelables par exemple. Poursuivre notre engagement pour le respect du droit international et de la paix là-bas en mettant en œuvre  et prolongeant nos actions de  coopération avec les peuples sahraouis, palestiniens par exemple. Et prendre notre part ici des migrations qui ne sont que les prémices d’une catastrophe climatique et humaine annoncée !

Nous regrettons cependant deux choses :

– Tout d’abord  Pourquoi avoir attendu si longtemps pour prendre notre part ? Squats du château du Tertre, de l’ancienne maison de retraite Bréa, de l’ex-lycée Launay-Bouhier et bien entendu du square Daviais. Les signaux n’ont pas manqué depuis l’été 2017 pour nous alerter sur ce qui devait se passer un jour ou l’autre à Rezé : à savoir le squat d’un bâtiment municipal qui vous a conduit, M. le maire, à prendre la décision de mettre rapidement en place ce plan d’action. A la politique de réaction, nous préférons celle de l’anticipation.

– Deuxième point, quelle est la cohérence métropolitaine ? Cet été,  plus de 500 migrants squattaient square Daviais et par une très simple règle arithmétique 500-20=480. Le compte n’y est pas, logique !.. car il n’incombe pas à Rezé d’accueillir l’ensemble des migrations sur son territoire. Toutefois il est légitime d’affirmer que  si les autres communes ne prennent pas leur part, notre action sera vidée de son sens.

Il ne s’agit pas de donner des leçons aux autres, mais en votre qualité de vice-président de Nantes métropole, M. le maire, vous êtes à même d’amorcer une dynamique collective, comme vous l’avez fait par le passé pour les MENS tout en rappelant à l’état ses responsabilités sur les plans éthique et humain. Sans cela, je crains que notre plan d’action ne soit qu’une goutte dans un océan, ou plutôt dans une étendue maritime, désormais tristement célèbre, pour les victimes qu’elle a englouties et qu’elle n’a de cesse  d’engloutir .

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