Du bruit dans l’environnement

Conseil métropolitain du 10 février 2017

Intervention de Didier Quéraud sur le Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement

Madame la Présidente, chers collègues

Le document qu’il nous est demandé d’approuver, en annexe de la délibération, est un document instructif à plusieurs titres. Tout d’abord il donne des éléments précis, chiffrés sur ce que sont les différents bruits, leur perception, les seuils, les impacts, et les méthodes de mesure. (Signalons, pour la petite histoire, que l’échelle de bruit détaillée dans ce document semble dater, évoquant le niveau de bruit d’un « bureau de dactylo », ou d’un « pub dansant » !

Ensuite, il nous rappelle des résultats sans surprise : le bruit routier est la principale source de pollution sonore de notre agglomération, présent sur l’ensemble du territoire le long de nombreuses voiries de notre agglomération, et l’analyse des dépassements des valeurs de seuils spécifiques par source de bruit montre celles qui sont responsables de dépassement sont principalement les routes, pour une grande part métropolitaines. Les études et les sondages le confirment régulièrement : l’exposition au bruit est l’une des nuisances à laquelle les Français sont le plus sensible. C’est un réel enjeu de santé publique. Une étude récente, publiée dans la revue spécialisée « The Lancet », menée par des chercheurs canadiens sur une période de 11 ans auprès de 6,5 millions d’habitants, vient de montrer que le fait de vivre à moins de 50 mètres d’une voie de circulation importante augmenterait le risque de développer une démence.

Ces mêmes chercheurs ont également trouvé une corrélation entre la survenue d’une démence et une exposition à long terme à deux polluants liés au trafic routier : le dioxyde d’azote et les particules fines, émises notamment par les moteurs diesels. Et oui ! la circulation routière émet aussi ces polluants qui impactent d’abord les axes routiers. Les cartes de bruit et les cartes de pollution de l’air se superposent, c’est une double peine pour les riverains ! Ces cartes, ces chiffres confortent nos politiques publiques, avec une politique d’urbanisme et du logement permettant la mise en œuvre de la ville des courtes distances, et avec une politique de déplacements donnant la priorité aux modes de déplacements alternatifs à la voiture, tout en modérant et fluidifiant les vitesses. Le PPBE le dit explicitement p 30 – est-ce un hasard ? : « le facteur vitesse intervient aussi de manière significative : une diminution de la vitesse conduit à une baisse du niveau d’émission sonore. Par exemple, la mise en place de zone 30 km/h, sous réserve qu’elle soit effective, est une mesure efficace permettant de réduire le bruit à la source, qui s’accompagne d’avantages additionnels tels l’amélioration de la sécurité routière et la fluidité du trafic. » Cependant, nous nous permettons de vous alerter, chers collègues, sur les effets néfastes qu’il y aurait à relâcher nos ambitions en matière de stationnement, ainsi qu’il a été travaillé lors du dernier séminaire qui traitait de ce sujet. Ne pas contraindre plus la question du stationnement inciterait d’autant moins nos concitoyens à modifier leur comportement en termes de transports et cela pourrait avoir des effets contraires aux efforts déployés pour lutter contre le bruit. Enfin, le PPBE se fixe comme objectif de préparer la prochaine mise à jour des Cartes de Bruit Stratégiques, prévue par la réglementation tous les 5 ans. C’est ici l’occasion de rappeler, comme l’avait fait mon collègue Ronan Dantec lors du vote des Cartes de Bruit Stratégique en juin 2015, que la carte du plan de gêne sonore de l’aéroport date de 2004. La DGAC, pourtant mise en demeure par l’autorité indépendante de contrôle des nuisances aéroportuaires, l’ACNUSA, n’a toujours pas réalisé cette mise à jour cartographique ! Nous avons bien noté que Nantes Métropole peut en demander l’actualisation à la Commission Consultative de l’Environnement. Nous nous associerons à cette demande.

Merci pour votre attention.

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