Débat d’orientation budgétaire : des points de vigilance.

Intervention au Conseil Municipal du 9 février 2017 / D.O.B.
Débat d’orientation budgétaire

 

Monsieur le Maire, chers Collègues

Nous sommes globalement en accord avec les orientations budgétaires qui nous ont été présentées, nous n’allons donc pas les passer toutes en revue. Nous souhaitons juste aborder quelques points qui nous semblent saillants ou sur lesquels nous souhaitons attirer votre attention.

D’abord la disparition programmée de la taxe d’habitation. L’État est sur-endetté. Comment pouvons-nous croire malgré ses dires qu’il va compenser à l’euro près, et ce de façon pérenne ? Si nous pouvons raisonnablement penser que ce sera le cas en 2018, qu’en sera-t-il après ? Nous sommes inquiets du potentiel manque à gagner que cela représenterait.

Les droits de mutation s’appuyant sur un marché très dynamique sont en augmentation et dopent nos recettes. Mais ils traduisent aussi un renouvellement rapide de la population : ce renouvellement, s’il démontre l’attrait de notre commune, entraîne des contraintes d’intégration si nous voulons garder une forme d’« unité » communale, indispensable pour régler au mieux la question du bien vivre ensemble. Par ailleurs, nombre de nouveaux habitants sont exigeants et demandent plus de services, augmentant la pression sur les actions de la ville. Nous en voulons pour preuve les interventions récurrentes lors des réunions de concertation, ou les demandes via les outils numériques qui composent le dialogue citoyen. Ces demandes accrues, la Ville ne pourra pas y répondre plus vite alors que les contraintes budgétaires sont par ailleurs de plus en plus fortes.

Dans la présentation sur l’environnement général qui encadre les finances, il a été évoqué la reprise économique. Ce pourrait être une bonne nouvelle pour nos recettes, mais elle s’accompagne souvent d’inflation qui est d’ailleurs prévue à la hausse par le Ministère du Budget. Nous l’avons déjà vécu, cette reprise s’accompagne d’une hausse des prix. Nous pensons en particulier au secteur de la construction qui impacte largement notre section des investissements. Les entreprises qui faisaient le dos rond en temps de crise pour obtenir des marchés revoient immanquablement leurs offres à la hausse. Ce phénomène est un indicateur quasi en temps réel de l’état de l’économie.

Par ailleurs, l’attractivité de notre commune s’accompagne d’un accroissement rapide de la population qui pose des soucis de gestion. Les phénomènes de congestion du stationnement explosent dans tous les quartiers. Si les règles du PLU, qui fixent entre autres le nombre de places de stationnement par opération, sont respectées par les promoteurs, elles sont pourtant complètement caduques dès l’arrivée des habitants. Le promoteur ne s’embarrasse pas de savoir si les occupants auront un équipement en véhicules conforme à l’opération, et il manque immanquablement des places pour des véhicules qui se retrouvent finalement sur un espace public qui n’est pas suffisant pour les accueillir. Il nous faut, en lien avec nos homologues de l’agglo, trouver des systèmes ou règles qui nous permettent de mieux maîtriser les effets de la densification. Ou alors notre espoir de construire aujourd’hui la ville de demain est un vœu pieu.

Au-delà de la question des constructions, nous devons prendre conscience que notre commune, comme bien d’autres, va devoir accueillir encore et toujours des populations démunies, sans le sou, sans ressource, quelquefois sans toit. Nous avons mis l’accent l’année passée sur une meilleure installation des familles Roms. Mais d’autres populations, contraintes à l’exode sous les effets du dérèglement climatique, vont toquer à notre porte, en particulier des mineurs isolés, objets de convoitises criminelles. Nous devons nous préparer à prendre notre part pour ces populations là également, tout en rappelant à l’État qui sait nous trouver pour éponger ses dettes, qu’il a aussi des devoirs !

Dans la partie du rapport sur les effectifs, nous n’avons pas trouvé de chiffres plus récents que 2015. Nous avons noté un recours accru aux contractuels. Cet indicateur peut traduire une faiblesse dans notre politique RH, et au titre de notre responsabilité sociétale, ce n’est pas un signal très positif en ces temps où nombre de salariés ont besoin de stabilité. Nous souhaiterions lors d’un prochain Conseil Municipal ou une prochaine Commission avoir les chiffres de 2016 et 2017 ainsi qu’un échange sur le sujet. Nous appuyons par ailleurs la volonté de la Ville d’étudier l’indemnité kilométrique vélo, alors même qu’elle ne s’impose pas encore aux collectivités. Nous soutenons cette démarche, car au-delà de l’effet bénéfique pour les agents, cela permettra de montrer l’exemple à la population sur les questions de déplacements/stationnement, et espérons le, d’avoir un effet d’entraînement auprès d’autres acteurs.

Et puis, nous allons encore vous parler de transition écologique. Notre responsabilité doit nous faire sortir de l’époque de l’énergie fossile. Rappelons au passage que l’énergie nucléaire provient aussi d’un minerai et est donc soumise à la même raréfaction que le pétrole, sans parler des dangers extrêmes spécifiques à l’atome. Cela n’a pas été évoqué dans le diaporama, nous nous permettons de le dire : nous allons encore augmenter notre part de d’énergies renouvelables dans le mix de nos approvisionnements, toujours en électricité et fait nouveau, en gaz.

Par ailleurs nous saluons la volonté de la Ville d’explorer systématiquement les opportunités d’augmenter, chantiers après chantiers, notre production d’énergie photovoltaïque : piscine et école Château Sud seront les chantiers de cette année. Ces installations vertueuses seront sources de financement plutôt que génératrices de dépenses. La mutation pour sortir du tout fossile nécessite des investissements conséquents que la Ville ne peut supporter seule. Outre le recours aux financements divers et variés énoncés dans le diaporama, nous pensons qu’il faut aussi nous appuyer sur la population. A l’instar des permis de jardiner, qui permettent aux citoyens de s’investir dans leur ville et de prendre part à son embellissement, d’autres citoyens sont prêts à se mobiliser pour produire de l’énergie renouvelable sur notre territoire. Nous avons intérêt à leur tendre la main, à travailler avec eux le champ des possibles dans ce domaine. L’Ouest et plus spécifiquement les Pays de la Loire sont des terres en pointe en termes d’engagement citoyen, comme nous avons pu le voir avec les éoliennes. Des initiatives se font jour en ville avec les panneaux photovoltaïques, sachons prendre le train en marche.

Sur le plan des relations internationales, il nous semble que les dernières annonces des États-Unis sont une opportunité pour nous montrer plus incisifs dans notre positionnement. Vous l’avez peut-être lu dans la presse, notre ville partenaire Abu Dis est de nouveau citée comme pouvant jouer le rôle de capitale des Palestiniens, en « compensation » de Jérusalem. Mais outre qu’il ne faudrait pas nous jeter sur cette proposition cynique, il faut savoir que nos amis d’Abu Dis sont de plus en plus encerclés par un mur inique condamné maintes et maintes fois par les résolutions de l’ONU. Dans cette période particulièrement critique, nous proposons que la Ville reconnaisse la Palestine comme État souverain, et agisse à la fois auprès de sa population et de ses homologues pour que d’autres suivent le même chemin.

Je vous remercie de votre attention.

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