Aéroport : limitons le trafic !

Conseil Municipal du vendredi 8 février 2019

Intervention sur l’Aéroport Nantes Atlantique – Position de la Ville sur les vols de nuit

Nous sommes, sans surprises, évidemment favorables à la fermeture nocturne de Nantes Atlantique et nous voterons donc cette délibération en ce sens.

Nous sommes également favorables à étendre la tranche horaire de fermeture entre 22h30 et minuit. Nous seront vigilants à ce que cette « réflexion » soit amorcée rapidement et qu’elle repose sur des éléments factuels, et non des dogmes néo-libéraux d’un autre âge…

Nous pourrions nous arrêter là, mais, nous souhaiterions profiter de cette intervention pour mettre une nouvelle fois le doigt sur une anomalie permanente concernant Nantes Atlantique. Afin de l’illustrer, je vais faire référence à un dossier de 121 pages, récemment transmis par la préfecture de Loire Atlantique à la ville afin de préparer la concertation sur le réaménagement de l’aéroport. Pour étayer les pistes de travail de l’évolution de la plateforme, un prélude de 50 pages expose un contexte duquel découle un scénario unique et irréfutable : Nantes Atlantique, ce sera fatalement plus de 10 millions de passagers (contre 6 aujourd’hui), seule l’année semble incertaine ; 2028, 2033, qu’importe ! L’infrastructure actuelle doit s’adapter à cette croissance irrésistible.

Pourtant, cette croissance est en contradiction avec nombre de vœux pris par les pouvoir publics, de cette assemblée jusqu’à l’état lui même :

La prise de conscience unanimement souhaitée de tous les citoyens pour lutter contre le réchauffement climatique et la révision nécessaire de la fiscalité du transport aérien (dont les billets sont exonérés de TVA et le Kérozène de TIPP, ce qui en fait un des rares  secteurs économiques où les émissions de CO2 sont subventionnées par les pouvoirs publics) ne conduiraient-ils pas à une baisse de la demande et une limitation subie de la fréquentation de Nantes Atlantique ?

Ne pouvons nous pas également envisager que les souhaits des habitants et des élus des communes riveraines des aéroports n’aspirant pas à voir leur environnement se dégrader irrémédiablement, soient entendus et que le choix soit fait de limiter le trafic à 6/7 millions de passagers par an ?

D’autant plus que la région et l’état ont signés ce matin même un contrat relançant le raccordement par le rail des aéroports parisiens !

Accepter cette unique hypothèse de travail (10 millions de passagers) reviendrait à nier tous les progrès souhaités en matière de développement durable, et pire, espérer que la situation continue de se dégrader !

Pourquoi les pouvoirs publics, pourtant garants de l’intérêt général, ne pourraient pas faire l’hypothèse d’un plafonnement (choisi ou subi) du trafic de Nantes Atlantique ? Cette alternative est envisageable, mais elle nécessiterait des décisions politiques courageuses !

Si nous, élus, ne sommes pas capables d’imaginer un avenir intégrant des résultats visibles de la lutte contre le réchauffement climatique et les dégradations de notre environnement global, comme immédiat, alors c’est que nous avouons notre impuissance et que nous acceptons les conséquences climatiques, économiques et humaines à venir !

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